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Miroir, mon beau miroir

23 mai 2011, par Els CALES

L’apparence dans tous ses états... au Club Arc en Ciel

Chacune s’est exprimée sur ce vaste thème. C’est ainsi que nous avons retenu plusieurs définitions.

DEFINITIONS DE L’APPARENCE :

  • L’apparence c’est le visible, ce qui apparaît au grand jour, ce qui paraît vrai, mais cela peut également signifier l’illusion.
  • L’apparence c’est l’image que l’on donne de soi : c’est l’être et le paraître. Mais alors que « l’être » est statique, le « paraître » évolue constamment.
  • L’apparence c’est le « packaging » d’un produit, l’image de l’emballage qui par sa forme, sa couleur, son logo, contribue à faire vendre .
  • L’apparence c’est la recherche de la séduction , par l’image que l’on veut donner de soi.

Nous avons retenu 3 thèmes de réflexion :

  • 1- L’apparence dans la vie quotidienne
  • 2- L’apparence dans la littérature
  • 3- l’apparence dans le packaging et la présentation culinaire

1- L’APPARENCE DANS LA VIE QUOTIDIENNE :

  • La beauté. Toute notre vie, dans tous les domaines, en amour comme au travail, notre apparence conditionne notre relation aux autres : avant même nos compétences, c’est notre physique qui est jugé.
  •  Comportement différent des parents selon que le bébé est beau ou moins séduisant
  •  A l’école, les enfants beaux sont privilégiés : l’enseignant les évalue plus chaleureusement
  •  Au moment de l‘embauche

, le candidat est d’abord jugé sur son apparence : soin apporté à la personne, poids, beauté physique…

  • Le paraître. Le miroir nous renvoie l’ image que l’on a de soi. Nous interprétons ce reflet selon notre humeur, nos codes culturels ; éducationnels etc… Suivons-nous les courants de la mode ? A quel groupe social appartient-on ? Veut-on s’y conformer ou au contraire montrer la révolte ou la désapprobation ? Quelle apparence cherche-t-on à donner ? Les règles qui régissent la société conditionnent notre apparence et notre comportement :
  •  Influence des stéréotypes du modèle masculin (viril, courageux et moral) et du modèle féminin (réservée, souriante et discrète)
  •  De même différence d’apparence selon que l’on est ouvrier ou cadre, jeune ou vieux, riche ou pauvre
  • L’apparence du corps

Le maquillage et les soins de beauté

  • La corpulence : être mince à tout prix
  •  Le recours à la chirurgie esthétique
  •  Le rêve d’une éternelle jeunesse (mythe de Faust de Goeth)
  • L’apparence vestimentaire
  • Importance du « look » selon les âges, la situation sociale

, les circonstances.

-*  L’apparence gestuelle ou l’art de la communication par l’image au service des médias.

CONCLUSION :

  • Nous sommes dans une société « d’apparences » où la valeur humaine n’est pas toujours reconnue. A tous les niveaux de l’apparence, on retrouve la SEDUCTION par le visuel, « le PARAITRE » qui domine et cache « L’ETRE » . C’est « l’emballage » qui prédomine sur « l’intérieur ».

L’apparence peut devenir une tyrannie au détriment du « libre arbitre ».

Ne nous laissons pas abuser par l’apparence qui cache la vérité des êtres .


2- L’APPARENCE DANS LA LITTERATURE  :

Quelques citations  :

  • André GIDE : le paraître et l’ être
  • o Ne pas se soucier de paraître : être, seul est important
  • o C’est pour paraître que nous sommes
  • o C’est parce que nous sommes que nous paraissons
  • o Il faut garder les deux dans une réciproque de dépendance : il faut être pour paraître
  • o Le paraître ne doit passe distinguer de l’être : l’être s’affirme avec le paraître
  • o Le paraître est la manifestation de l’être
  • MOLIERE : Tartuffe
  • o Mon Dieu ! le plus souvent l’apparence déçoit. Il ne faut pas toujours juger sur ce qu’on voit.
  • LA ROCHEFOUCAULD
  • o Nous gagnerions plus de nous laisser voir tels que nous sommes, que d’essayer de paraître ce que nous ne sommes pas
  • MARIVAUX
  • o Il n’y a rien de si trompeur que la mise des gens
  • Milan KUNDERA
  • o Le souci de sa propre image, voilà l’incorrigible immaturité de l-’homme
  • André GIDE
  • o Valoir exactement ce qu’on paraît : ne pas chercher à paraître plus ce qu’on ne vaut.
  • o On veut donner le change et l’on s’occupe tant de paraître qu’on finit à ne plus savoir qui l’on est.-*
  • Œuvres littéraires dans lesquels l’apparence joue un rôle clé :

Deux définitions du mot PARAÎTRE  :

  • Paraître, c’est se présenter à la vue, se faire remarquer par une apparence avantageuse. En « apparence » les choses ou les êtres n’auraient qu’un caractère peu conforme à ce qu’ils sont en réalité.
  • Paraître pour mieux se cacher, pour mieux brouiller les pistes ou pour capter le regard d’autrui. C’est la perception qu’un sujeta de lui mais aussi d’un jugement extérieur dont il est la cible constante.

Ces deux définitions illustrent les deux ouvrages « Les fausses confidences » de Marivaux et « l’adversaire » d’Emmanuel Carrère :

« LES FAUSSES CONFIDENCES » de MARIVAUX

L’idée de provoquer l’amour par de fausses confidences entre les personnages, est le sujet de cette comédie, en trois actes de Marivaux.


Les personnages de Dubois et de Dorante font semblant d’être ce qu’ils ne sont pas : il paraît, par conséquent, que « jouer un rôle » est nécessaire pour entraîner l’amour. Le « paraître » seul ménerait à « l’être ».
Toute l’action est menée par Dubois, ancien valet de Dorante, au service d’Araminte, qui met en place un stratagème pour rendre Araminte amoureuse de Dorante.

Acte III : « Ce que vous avez fait pour gagner mon cœur n’est point blamable »

Araminte sait que Dorante n’est pas ce qu’il paraît mais elle ne peut l’aimer que dans la mesure où il paraît être ce qu’il est.

Le paraître, grâce au rôle, va se confondre avec l’être.

Au final, Araminte et Dorante s’aiment et Dubois se réjouira de sa victoire et de sa machination.

« L’ADVERSAIRE » d’Emmanuel CARRERE

Dans ce roman écrit en 1999, d’après un fait divers de 1993, le « désir de paraître » est à son paroxysme.


Le personnage principal , Jean-Claude Romand, s’efforce de correspondre à l’image que projetaient de lui ses parents et ses proches.

Dès son enfance, se sentant « mal dans sa peau », il va vouloir se « valoriser »aux yeux des autres, ne se supportant pas lui-même. On va alors assister à la spirale infernale du mensonge duquel Romand ne pourra s’échapper.

Tous les milieux sont concernés : milieu scolaire, estudiantin , professionnel, familial et l’escalade de la « tromperie »est magnifiquement décrite. Trop peur de décevoir, sa famille, ses amis, sa maîtresse, il choisira de les tromper sans cesse et finalement de tuer plutôt que de se dévoiler à eux et de révéler sa faiblesse et ses mensonges.


3- L’APPARENCE DE L’EMBALLAGE ET DE LA PRESENTATION :

L’EMBALLAGE ou l’art du « PACKAGING » :
L’emballage est l’apparence physique d’un produit. Il est assimilé par le consommateur comme la figure représentative de la marque,
une sorte d’empreinte digitale. Le packaging entre dans la stratégie du marketing, vendre un produit ce n’est pas se soucier uniquement de sa qualité, il faut aussi que l’emballage soit vendeur. Ici l’apparence est un élément essentiel qui distingue et classe chaque produit dans une catégorie (bon marché, haut de gamme, visant tel ou tel public etc.)
L’apparence est le maître-mot pour toucher le public = il est vendeur en soi,

par sa couleur, sa forme ,
son dessin, son logo...

LA PRESENTATION CULINAIRE :

  • L’apparence d’un plat conditionne l’appétit, sa présentation incite à le consommer.
  • Le choix des couleurs entre autres est très important.
  • Une salade verte
  • avec quelques crevettes devient appétissante.
  • Une simple tartine accompagnée d’un verre de jus de tomates « respire » la santé, la couleur rouge de la boisson incite à consommer l’ensemble.