Arbux

Site participatif intergénérationnel autour de l’écriture et de la créativité

Accueil > Apparence > Notre histoire 2/3

Notre histoire 2/3

26 avril 2011, par Médiathèque du Forum

1

Le bus suit son itinéraire habituel en ce lundi 22 octobre 2012. Il longe les murs du cimetière du Père Lachaise, continue sur le boulevard et s’arrête à la station « Boulevard Ménilmontant ».

A première vue, rien de spécial… sauf qu’à l’arrêt du bus se trouve Arthur, sexagénaire en pleine force de l’âge. Seuls ses cheveux grisonnants sont en accord avec son temps de vie. Sa gorge est enroulée d’une épaisse écharpe rouge qui le protège de la fraîcheur de cette soirée d’automne. Cette écharpe transpire ses idées, ses visions, ses conceptions. Arthur est un esprit subversif. Alors quand il décide d’entrer dans le bus, il y rentre par l’arrière… par la sortie.

C’est là que le spécial arrive, il va rencontrer Cécile qui descend du bus.

2

Ce lundi-là, Cécile avait pris son bus en retard. Paniquée à l’idée de rentrer chez elle après l’heure convenue, elle ne cessait de regarder sa montre. Quand elle était nerveuse, Cécile développait un nombre considérable de tics. Elle ouvrait et refermait son sac comme pour vérifier si tout était bien en ordre. Elle réajustait le revers de ses manches, en prenant soin de bien reformer le pli.

19 h 15… Elle avait 10 minutes de retard… Elle réfléchissait à la manière de rattraper le temps perdu. Elle s’était placée à côté de la porte. Quand le bus s’arrêterait, elle bondirait sur le trottoir. Ensuite, elle foncerait au coin de la rue Oberkampf, car elle savait que c’était le meilleur endroit pour trouver un taxi. Tout était planifié dans sa tête, elle n’avait pas une seconde à perdre.

« Boulevard Ménilmontant ». Enfin ! se dit Cécile. Le bus freina et s’arrêta… Les portes s’ouvrirent… Cécile se précipita à travers la porte avant…

*

La porte arrière du bus ne s’ouvrit pas malgré le coup de poing déterminé et puissant qu’Arthur avait asséné sur le bout de tôle. En grommelant, il courut vers l’avant. Au moment où son pied se posait sur la marche, une pomme puis un poireau atterrirent et se fixèrent sur son foulard.
Puis ce fût comme en 14, un jour de bombardement intense, Arthur fut canardé par le contenu d’un panier de ménagère de moins de 50 ans

- Alors quoi !!! pas futée de sortir ainsi par l’avant hurla-t-il à la cantonade, la tête coiffée d’une botte de cresson verdâtre, salade que par ailleurs il détestait pour son goût de marais.

Cécile, debout devant lui, son sac de ville agrippé d’une main, le panier vide dans l’autre, ses cheveux blonds éparpillés sur les épaules murmura, au bord des larmes,

- Je suis désolée…..

Et là, Arthur baissa la garde…non pas par mansuétude, ni coup de foudre fulgurant mais parce qu’il avait envie d’engueuler la cargaison d’abrutis qui rigolait du malheur des autres. Ni une, ni deux, il s’empara du panier, replaça les fruits et les légumes rebelles à leur place, tendit la main à Cécile qu’il aida, avec une courtoisie peu habituelle chez lui, à descendre du bus. Arthur le laissa filer sans lui et sans regrets.

Tout au moins jusqu’au moment où Cécile se laissa tomber dans ses bras, agitée de sanglots plus nerveux que désespérés mais quand même bien touchants ! Arthur posa le panier et il referma ses bras autour de la mince silhouette dont il tapota doucement et un peu maladroitement les épaules en attendant la fin de cet orage émotionnel.

Ce qui ne tarda pas. Les yeux verts émeraude de Cécile encore brillants de larmes fixèrent son regard broussailleux. Elle se dégagea doucement et fut alors prise d’un fou rire tout aussi nerveux que ses précédents pleurs. Arthur se laissa contaminer avec une belle docilité car il aimait les situations à retournements rapides et décalés.

- Allez dit-il, hilare je vous invite à boire un café

- Mais…mais…hoqueta Cécile, je ne peux pas, j’ai le déjeuner à préparer…je vais être en retard.

- C’est quoi ça, le retard ? vous pointez à l’usine ?

- Non mais.. mon mari..

Cécile s’imagina la tête de Jacques arrivant à 12h tapant et comme à son habitude pressé par le temps et peu disposé à supporter les aléas de son emploi du temps, à elle…

Et là, devant l’arrêt du Bus 132, de façon autoritaire, Arthur glissa son portable dans la main de Cécile.

- Appelez-le et dites-lui que vous ne rentrez pas. Je vous invite à déjeuner.

3

Les péripéties « dramatiques » possibles

  • Cécile a raconté un gros mensonge au téléphone et son mari s’en aperçoit. Il la laisse dire… drame de la jalousie…
  • Jacques ne répond pas : il a eu un accident de voiture.
  • Le téléphone d’Arthur ne fonctionne pas. Elle ne peut prévenir son mari…
  • Arthur et Cécile rencontrent la fille de Cécile et celle d’Arthur, qui sont amies…
  • Arthur interroge Cécile sur ses larmes. Elle tente de lui expliquer, mais ils sont pris dans une bagarre et embarqués au Commissariat. Arthur a l’habitude, Cécile non.
  • Tentative de suicide à une fenêtre. Ça rameute du monde. Cécile et Arthur tentent de s’interposer pour empêcher cet acte. Ils sont pris en photos qui paraissent dans un journal du soir…
  • Accident dû à une panne d’électricité.
  • Arthur et Cécile se sont connus il y a fort longtemps : retrouvailles…

Suite de l’histoire

Et là, devant l’arrêt du Bus 132, de façon autoritaire, Arthur glissa son portable dans la main de Cécile.

- Appelez-le et dites-lui que vous ne rentrez pas. Je vous invite à déjeuner.

- Mais… mais… mais…

- Il n’y a pas de mais. Appelez. Vous avez l’air d’avoir bien besoin de souffler, besoin d’espace, de hauteur…

Les doigts fins et parfaitement soignés de Cécile formèrent presque automatiquement le numéro de Jacques sur le portable que Arthur lui avait tendu. Ce que Cécile ignorait et cela amusait beaucoup Arthur, c’est que ce téléphone d’un autre âge ne fonctionnait plus depuis longtemps. Il avait récupéré ce vieil appareil, il ne savait plus où. C’était un pied de nez à la société de consommation qu’il abhorrait et dont il aimait se moquer. Ce téléphone au clavier presque effacé devenait dans les mains de Cécile un instrument d’excuses aussi inexplicables qu’inattendues vis à vis de son mari. La jeune femme comprit immédiatement que cet homme se moquait d’elle. A son regard amusé elle se rendait compte qu’il attendait une réaction de sa part.

Cécile, la femme raisonnable, l’épouse parfaite, aurait dû se mettre en colère, jeter le téléphone à la figure de l’impertinent personnage, pas très propre de surcroît et mal vêtu. Elle aurait dû s’enfuir et rejoindre son époux… Elle, dont le mari, haut fonctionnaire au Ministère de l’intérieur, aussi respectueux des traditions que des horaires, s’inquiéterait rapidement et alerterait leur fille unique, Sandra, avec qui elle avait d’ailleurs rendez vous. A ce moment, elle avait complètement oublié.

Contre toute attente, Cécile dévisagea Arthur, et derrière le visage ridé marqué profondément par la vie lui apparut celui d’un homme de trente ans, d’un homme au regard embruni qui la regardait en souriant. Ce visage, elle en était sûre, lui était connu et lui semblait très familier. Mais, qu’il y avait-il de commun entre ces deux regards, entre celui qui était face elle et celui qu’elle voyait ? Cécile pensa à son mari, le contre exemple d’Arthur, au moins en apparence. Jacques, l’homme craint et respecté, le mari et le père autoritaire, celui qui ne supportait pas les rares moments au cours desquelles elle se sentait un peu adolescente et se sentait vivre tout simplement.

- Il ne marche pas, votre téléphone.

- Encore ! C’est insensé, je l’ai fait réparer hier.

- Il n’est pas chargé.

- Zut ! Zut ! et encore zut ! pour ne pas dire autre chose. Je n’ai vraiment pas l’habitude de ces engins !

- Zut ! Zut ! et encore zut ! Moi-même j’ai oublié mon portable. C’est bizarre, d’habitude jamais je ne l’oublie, c’est un réflexe chez moi.

- Bon, ce n’est pas la mer à boire. Votre mari, il peut se passer de vous pour un déjeuner. Vous lui expliquerez ce soir… Allez, venez.

- Non, il va trop s’inquiéter.

Cécile avisa une jeune fille…
- Mademoiselle, pouvez-vous me prêter votre portable… faut que je prévienne… c’est urgent… Tenez, voici 10 €. Je vous promets, je n’appelle pas New York.

Elle fit le numéro. Sonnerie… sonnerie…
- C’est curieux, ça ne répond pas.

- Allez, venez…

Arthur lui prit alors le téléphone et le rendit à la jeune fille, en faisant un signe de remerciements.
- Allez, venez, votre mari se débrouillera, il n’est même pas là. Venez, je connais un bon petit restaurant.

Il était surprenant et un peu décalé ce couple qui remontait la rue d’Oberkampf. Une belle jeune femme aux longs cheveux blonds abandonnés sur les épaules, vêtue d’un stricte tailleur noir, uniforme des femmes habitant les quartiers ouest de Paris - c’était l’image que s’en faisait Arthur et cela l’amusait beaucoup d’essayer de conquérir une de celles-ci - et cet homme enveloppé dans une vieille gabardine en cuir noir râpé, dont les cheveux grisonnants, un peu trop longs, mal coiffés, sortaient d’une interminable écharpe rouge. Il était bizarre ce couple qui allait si mal ensemble, la rencontre de la beauté et de la laideur, du soin et de la négligence, peut être du bien et du mal, en tout cas du noir et du rouge qui surprenait les passants.

Fidèle à son milieu familial, il est vrai un peu oublié, Cécile s’imaginait face à Arthur dans un de ces bons restaurants où l’emmenait souvent son mari, dans un de ces lieux sans âme dans lesquels l’on est censé de déjeuner en toute quiétude et en toute harmonie.

Arthur passait une grande partie de ses journées à déambuler dans ce quartier qu’il connaissait si bien. Il fréquentait tous les rades dans lesquels les gens comme Cécile n’osaient même pas entrer. Il y passait beaucoup de temps à lire, écrire, réfléchir, observer. Ces petits cafés dans lesquels on boit bien et où l’on mange moins bien, mais toujours suffisamment, étaient ses cabinets d’écriture, ses bibliothèques. C’est là qu’il allait inviter la magnifique créature qui l’accompagnait et, il en était de plus en plus convaincu, qu’il l’avait déjà rencontré quelque part.

Pendant un bref instant, Cécile hésita à entrer dans ce bar. Comme si elle ne voulait pas briser sa routine ...
Elle se ressaisit et voulut lui dire : « hors de question ! ». Mais elle n’eut que le temps de dire : « Hors de … » Quand une horde d’agités la bouscula et la fit presque chavirer. Arthur s’interposa avec sa force de caractère pour contenir la force physique. Il rugissait face à cette vague de frénésie aveugle mais on ne l’entendait guère. La violence de cette altercation entre clients du bar d’à côté ne laissait pas place à la parole… Voyant Cécile déportée par l’incompréhension, Arthur se mit à pousser ce qu’il pouvait. Son but était de créer une brèche et protéger Cécile, il traversait tant bien que mal ces primitifs, tout en encaissant des coups qui ne lui étaient pas destinés. Il avançait à tâtons jusqu’à apercevoir Cécile… A ce moment, une deuxième vague vint contenir la première. Avant même de pouvoir tout comprendre, Arthur et Cécile se retrouvaient embarqués dans un fourgon de police malgré les nombreuses protestations d’Arthur.

4

Ils sont embarqués au Commissariat. Arthur a l’habitude. Cécile non. C’est fou ce que le fourgon les emportant sent mauvais. Cécile a bien du mal à retenir un haut-le-cœur et ses larmes… Jacques, que va dire Jacques ? Bien sûr elle peut tout de suite dire qu’elle est sa femme, un haut fonctionnaire au Ministère de l’Intérieur, ça ouvre bien des portes. Mais le scandale… Jamais Cécile ne s’est sentie aussi mal.

Diable, ce n’est vraiment pas de pot ! se dit Arthur. Pour une fois que je discutais calmement et tranquillement avec une jolie femme et en plus nous ne sommes absolument pas impliqués dans cette bagarre.

Autour d’eux, du reste, la bagarre continue à faire rage, surtout verbalement, car le fourgon très étroit et très plein, limite les mouvements.

- Je te dis que…

- Et alors, tu veux mon poing dans la…

- T’as tort, je te le répète ! Hep vous autres, dites-lui d’arrêter. Dites-lui qu’il a tort…

Arthur se redresse et de sa voix la plus éclatante lance :

- Hé ! Oh ! Un peu de silence ! Du calme ! De quoi s’agit-il ?

- C’est lui qui…

- Non, c’est lui…

- Hé ! Oh ! Vous comprenez où vous êtes ! Non ? En route vers le Commissariat… Et vous ne savez pas ce qui vous attend là-bas…

- Oh mon Dieu ! dit Cécile en fondant en larmes.

- Voilà. Vous êtes contents, bande d’irresponsables ! Nous étions bien tranquilles, Madame et moi, et voilà que vous vous précipitez sur nous en hurlant. Et voilà le travail !

- Mais, monsieur…

- Il n’y a pas de mais… Vous allez tous affirmer haut et fort, dès que vous serez interrogés, que Madame et moi-même, nous ne sommes pour rien et qu’il faut nous relâcher illico. Et en plus, vous pouvez voir dans quel état vous avez mis cette dame. C’est insensé ! Allez, Cécile, ne pleurez pas. J’ai l’habitude des commissariats…

Ah bon ! se dit Cécile, c’est la fin des haricots : je suis tombée sur un habitué des commissariats. Un mauvais garçon ! Ça c’est le pompon ! Comment expliquer tout ça à Jacques ? De son côté, Arthur se dit qu’elle a l’air vraiment paniquée. Comment la rassurer ?

Il n’a pas le temps d’aller plus avant dans ses réflexions : ils arrivent devant le commissariat.

*

C’est la première fois que Cécile découvre un commissariat côté coulisses. Les murs kaki sale, les vieux bureaux, l’éclairage jaunasse, la vieille machine à écrire posée à côté d’une pile de dossiers mal équilibrés créent une ambiance rétro, digne des vieux polars qu’avec gourmandise elle lisait dans sa jeunesse, atmosphère qui la surprend mais ne l’intimide pas.

Rien n’a changé se dit-elle en lisant distraitement une affiche : « Concours » ouvert aux jeunes bacheliers, 200 postes de gardien de la paix…. Avec une synchronisation digne d’un film américain, au moment où le mot PAIX s’imprime dans son cerveau, les cris et les bousculades s’amplifient dans le commissariat où les jeunes flics aux joues encore poupines ont du mal à contenir cette foule hétéroclite et énervée.

Cécile se demande ce qu’elle fait là. Ils ont embarqué tout le restaurant sans chercher à comprendre qui faisait quoi au moment de la bagarre, Arthur lui adresse un sourire amusé.

- Ca va ? Pas trop perturbée de plonger ainsi et de façon arbitraire dans le monde des suspects ?

- Non ! Je ne suis pas en sucre répond-elle agacée Cessez de me prendre pour une « bourge » débile, ne me plaquez pas en permanence vos idées toutes faites d’anarchiste des années 68.

Ses yeux verts lancent des étincelles, sa peau blanche se parsème de plaques rouge, la colère de Cécile monte en puissance.

- Oh, oh, ça va, ne déplacez pas votre courroux sur moi…C’est aux flics qu’il faut vous adresser rétorque Arthur avec son indéfinissable sourire qui oscille entre bienveillance et moquerie.

*

Cécile est inquiète pour sa robe, elle n’a pas eu le temps d’essuyer la banquette sur laquelle elle s’est assise. Arthur n’a pas fait de chichi.

- Etes-vous bien installée ?

- C’est la dernière fois que je vous écoute !

- Désolé, mais vous avez vu, on n’était même pas entré.

- Etes-vous sûr que votre portable ne fonctionne pas ?

- Hélas, oui, j’en suis sûr !

- Monsieur l’Agent, s’il vous plait, puis-je téléphoner ?

- Chut ! Vous allez nous faire remarquer, ce n’est pas le moment !

- Mais, nous n’avons rien à voir avec cette racaille ; Tout de même !

- Et bien, tout de même attendons notre tour.

- Je me plaindrais !

- Vous vous plaignez tout le temps !

- Il y a de quoi, et puis d’abord comment le savez-vous ?

- Ça vient de me revenir, la seule étudiante qui ne manifestait pas rue d’Assas, c’était vous.

- Heu ! Je ne m’en souviens pas.

- Vous ne me reconnaissez pas, Arthur Descartes, philo du droit.

- Misère, mais vous ne me lâcherez jamais.

- Il me semblait bien avoir reconnu votre subconscient aléatoire, vous êtes toujours accrochée à …

- Cela ne vous regarde pas ! Monsieur l’Agent pourrais-je téléphoner, je suis Madame Berthier, mon époux est à l’Intérieur.

- Berthier à l’Intérieur, je le croyais Général.

- Arrêtez, vous…

- Berthier, Berthier … Jacques ?

- Oui, mais…

- Votre copain de fac ? Bon tirage, en voilà un qui a su faire sa place ! Bah, du coup ne perdons pas de temps. Commissaire s’il vous plait, prévenez Monsieur Jacques Berthier, son épouse est au poulailler, c’est urgent !

- Dans la rue, une sirène assourdissante et bleue tournoyante s’arrête devant le commissariat.

- Toutes nos excuses, Monsieur le Sous-Directeur.

- Où est-elle ?

- Elle arrive avec Monsieur Descartes.

- Monsieur Descartes ? Laissez-le mijoter toute cette après-midi.

- C’est que votre épouse nous…

- Ah ! Ca ne va pas recommencer, non !

*

On installe Cécile et Arthur chacun dans un bureau différent. Ils sont à quelques mètres l’un de l’autre et ne peuvent se parler.

Ils s’observent. De nouveau, Cécile est saisie par ce regard. Mais cette fois, il y a quelque chose de plus. Peut-être est-ce la situation, ou la façon dont il la regarde à ce moment précis. Un regard affectueux, protecteur, rassurant.

A ce moment, un policier demande :

- Monsieur Arthur Descartes ?
A ces mots, d’un coup, Cécile se redresse. Elle regarde Arthur. Ce visage, ces yeux…Elle se souvient. Mais oui, Arthur Descartes, c’est lui.
Cet homme qu’elle avait rencontré il y a vingt ans, qu’elle avait oublié, ou presque. Il réapparaissait dans sa vie, encore une fois.

Elle voulu se lever pour le rejoindre, mais au même moment sentit qu’on accrochait son bras.

- Cecile !

Elle se retourna et aperçu son mari.

- Cecile, j’ai eu si peur ! Allez viens, on rentre à la maison ma chérie.

Elle emboîta le pas de son mari, jusqu’à la sortie, sans se retourner.

Mais juste avant de franchir la porte, d’un geste furtif, elle tourna son visage vers Arthur et lui sourit.